LES DISQUES DE SA VIE : FEDERICO CASAGRANDE

1 oct. 2026

AUTOBIODISCOGRAPHIE

FEDERICO CASAGRANDE

 

“Jim Hall, c’est mon influence principale dans le jazz”

 

Nous avons rencontré le guitariste italien Federico Casagrande – installé à Paris depuis vingt ans – à l’occasion de la sortie de “Gentle Riders”. Un album enregistré en trio, qui pourrait servir de B.O à un western imaginaire. Il nous a livré ses goûts musicaux à travers une sélection de disques qu’il affectionne particulièrement.

 

DEEP PURPLE

“Machine Head” (Purple Records, 1972)

J’ai beaucoup écouté “Machine Head” dans ma jeunesse et quand j’avais 15 ans en Italie, je jouais dans un groupe avec un organiste et on reprenait des morceaux de Deep Purple. Je dois dire aussi que j’ai une profonde admiration pour le jeu de guitare de Ritchie Blackmore que je trouve exceptionnel. Ses solos sont parfaitement construits et structurés avec un son de guitare hyper contrôlé et très propre. Il a une maîtrise parfaite de son instrument. Mon morceau préféré de l’album estHighway Star, où Blackmore réalise un de ses plus beaux solos. Depuis que je joue dans le groupe “Jokers” de Vincent Peirani, j’utilise une Fender Stratocaster – qui est bien sûr la guitare de Ritchie Blackmore – et j’adore ça !

 

PFM

“Cook” (Numero Uno, 1974)

Il s’agit d’un groupe italien de rock progressif des année 1970, toujours en activité aujourd’hui, qui a eu beaucoup de succès en Italie, mais aussi aux Etats-Unis, où cet album a été enregistré en public. Leur musique, d’un très haut niveau, n’a rien à envier aux groupes anglais de l’époque, avec de remarquables instrumentistes comme le guitariste Franco Mussida. Il y a d’excellentes compositions avec des climats changeants et contrastés, typique de la musique progressive. Ce qui m’intéresse dans leurs morceaux, c’est l’aspect narratif, avec des chansons très élaborées, qui s’enchaînent comme les chapitres d’un livre et qui te font voyager dans des ambiances différentes. Avec cet album live, c’est un peu comme un “Best Of”, où le groupe déploie une super énergie avec beaucoup de fraîcheur et de prise de risques.

 

JIM HALL & RON CARTER DUO

“Alone Together” (Milestone, 1973)

Jim Hall, c’est mon influence principale dans le jazz, j’ai toujours adoré son jeu. C’est le guitariste que j’ai le plus étudié, j’y ai passé beaucoup de temps et j’ai eu l’occasion de le voir sur scène à Boston. C’est un grand maître, toujours très discret, avec une grande classe et une élégance suprême. J’aime beaucoup son attitude d’anti guitar-hero, la manière dont il développe ses idées mélodiques et l’espace qu’il laisse entre les notes. Ce duo avec le contrebassiste Ron Carter, fait partie de ces disques magiques, où deux musiciens  proposent une musique d’une grande beauté, composée principalement de standards. J’ai beaucoup joué moi aussi en duo guitare-contrebasse, afin de travailler les standards, mais aujourd’hui, ça ne m’intéresse plus de jouer ce type de répertoire. Par contre j’ai un duo avec le contrebassiste Florent Nisse, entièrement basé sur l’improvisation, qui a abouti à la création de l’album “Flux”.

 

KURT ROSENWINKEL

“The Next Step” (Verve, 2001)

Kurt Rosenwinkel, c’est un phénomène que j’ai vu sur scène et beaucoup écouté au début des années 2000 quand j’ai étudié à la Berklee College of Music à Boston. Après la génération Scofield-Frisell-Metheny, c’est Rosenwinkel, le grand guitariste marquant qui est arrivé derrière, et d’ailleurs après lui, je ne vois personne émerger de ce niveau là. Il a un talent incroyable avec un langage guitaristique et une sonorité hors du commun, et puis c’est un compositeur remarquable qui a toujours su se renouveler.  C’est un musicien exceptionnel car il joue aussi formidablement bien du piano. Il a dix ans de plus que moi et il a énormément influencé tous les guitaristes de ma génération. Sur cet album, il a formé un quartet de rêve avec le saxophoniste Mark Turner, le contrebassiste Ben Street et le batteur Jeff Ballard. Il y a un formidable son de groupe et un côté typiquement New-Yorkais dans cette musique, composée intégralement par Kurt. J’ai beaucoup aimé aussi le groupe “Fellow Ships” de Brian Blade où bien sûr, c’est Rosenwinkel qui tenait la guitare !

 

FRED HERSCH & JULIAN LAGE

“Free Flying” (Palmetto, 2013)

Julian Lage, c’est aussi un guitariste que j’adore, il est très expressif et il joue avec ses tripes. “Free Flying” est un duo piano-guitare avec le grand Fred Hersch, et le dialogue qu’ils arrivent à construire avec leurs instruments harmoniques est stupéfiant. Ils produisent un son en commun d’une grand beauté avec un sens de la narration et beaucoup de dynamique. Les deux instruments s’imbriquent l’un dans l’autre et passent de l’unisson au contrepoint avec beaucoup d’aisance. Ils m’impressionnent beaucoup car il y a une extrême précision dans leur jeu, alors qu’il s’agit d’un disque live. J’ai eu la chance de jouer dans cette formule du duo guitare-piano avec Enrico Pieranunzi et d’enregistrer avec lui l’album “Double Circle” pour le label Cam Jazz.

 

CD : “Gentle Riders”


CONCERTS :

7 novembre, D’Jazz Nevers Festival (solo)

22 novembre, Cergy (avec Francesco Bearzatti)

24 novembre, Antony (avec “Jokers” de Vincent Peirani)

27 novembre, Jass Club, Paris (avec Blazin’Quartet)

4 décembre, Festval Tous en Sons, Marseille (avec “Ronya” de Vincent Peirani)