Chronique CD : Nathalie Loriers "L'Arbre Pleure"

1 mai 2007

NATHALIE LORIERS CHEMINS CROISES

L’Arbre Pleure

Gianluigi Trovesi (acl), Karim Baggili (oud), Nathalie Loriers (p), Philippe Aerts (b), Joël Allouche (dm, perc). Du 16 au 18 mai 2006.

 

HHHH     Séduisant

 

 

La pianiste Nathalie Loriers a toujours pratiqué le renouvellement musical à travers différentes rencontres de musiciens. Après des enregistrements en trio, quartet et sextet (et un silence discographique de cinq ans), elle a formé un quintet plutôt atypique.

Le trio piano-basse-batterie est augmenté d’un oud et d’une clarinette alto, afin de croiser les chemins du jazz et de la musique arabe. Le point de convergence n’est pas dans l’art de l’improvisation (contrairement à la rencontre entre Rabih Abou-Khalil et Joachim Kühn), mais c’est dans la matière de l’écriture musicale et la subtile science des arrangements, que les musiques se croisent et entrent en symbiose. Dès le premier titre Kalila et Dimma, on est surpris  par le rôle du piano et du oud, jouant seuls en alternance, puis se retrouvant pour l’exposé du thème, laissant à la clarinette la liberté de s’élever au-dessus de l’espace sonore. Puis, on est très vite séduit par la cohérence du propos mélodique, par les fines broderies tissées par les cinq musiciens (A Pas Feutré, Le Voyage et Son Ombre) et par le poignant duo piano-oud de L’arbre Pleure. On apprécie la subtile section rythmique formée par Philippe Aerts (qui propose des chorus très mélodiques) et par Joël Allouche, qui se distingue par sa maîtrise des divers horizons percussifs. Nous découvrons le oudiste Karim Baggili, qui amène au projet deux de ses compositions et qui par sa pratique de la guitare flamenco donne au luth arabe des couleurs gitanes. Enfin nous tombons sous le charme du toucher de piano, imprégné d’un séduisant swing, léger et délicat.

 

Lionel Eskenazi

 

1 CD Dewerf W.E.R.F.055 – Distribué par Anticraft