Chronique CD : Michael Wollny : “Piano Works VII - Hexentanz”
1 mars 2007

MICHAEL WOLLNY
Piano Works VII
HEXENTANZ
Michael Wollny (p), mai 2005 + août et novembre 2006.
HHHH Introspectif
Après deux disques en trio avec [em] et deux autres, en duo avec Heinz Sauer, Michael Wollny se lance dans l’aventure du piano solitaire. Il nous dévoile dans cette « Danse des Sorcières » des compositions mystérieuses et tourmentées, reflétant les facettes de sa personnalité dans un travail introspectif intense. Lors de la première séance de studio, il interprète pour la première fois Where Is the Line de Björk (qu’il reprendra sur Certain Beauty) et rend hommage aux tourments intérieurs de Schubert, en composant quatre Schubertiade très personnelles, dont Der Wanderer (ballade minimaliste plutôt proche d’Erik Satie). Il retourne en studio un an après, imprégné par l’œuvre d’Edgar Poe et par le film Gothic de Ken Russell. L’idée nouvelle est de travailler sur de discrets effets électroniques, afin d’accentuer la réverbération du piano, et il choisit pour y parvenir, l’ingénieur du son Walter Quintus. On distingue clairement ces traitements sonores dans le foisonnant Initiation, le méditatif Spell/Enchantment, ainsi que sur certaines parties d’Hexentanz. Cette pièce maîtresse qui donne son nom à l’album, explore des climats originaux inspirés par le romantisme noir et fantastique du XIXème siècle. On est impressionné par le traitement rythmique dans l’espace sonore de Augmented Time et par la curieuse pulsation de Die Lebenden Puppen. Wollny n’a pas choisi la facilité pour son premier album solo, mais sa démarche radicale est sincère et profonde. Comme en témoigne sa reprise de Joga de Björk, où il s’éloigne du modèle rythmique et désincarne la mélodie jusqu’à l’épure.
Lionel Eskenazi
1 CD ACT Music 9756-2 – Distribué par Harmonia Mundi

