Chronique CD : Diego Imbert & Alain Jean-Marie : “Interplay : The Music Of Bill Evans”
1 déc. 2020
Diego Imbert & Alain Jean-Marie
“Interplay : The Music Of Bill Evans”
1 CD Trebim Music/L’Autre Distribution
CHOC
Nouveauté. “Interplay”, c'est-à-dire l’interaction, tel est le maître-mot qui définit le mieux la passionnante rencontre de deux musiciens inventifs et généreux autour d’un répertoire de première classe.
Il y a certains pianistes français que le monde entier nous envie, Martial Solal, bien sûr, mais aussi René Urtreger, ainsi que le discret mais néanmoins phénoménal Alain Jean-Marie ! Sa grande culture des standards, mais aussi du be-bop, du hard-bop, et de la biguine, son sens mélodique, son élégance rythmique et sa science de l’harmonie, avec sa façon particulière de plaquer les accords (l’art du voicing), font de lui un pianiste de tout premier ordre. Lorsqu’Abbey Lincoln venait chanter à Paris, elle n’acceptait le gig qu’à condition que ce soit Alain Jean-Marie qui l’accompagne ! On comprend donc aisément pourquoi le contrebassiste Diego Imbert, à l’origine de ce projet, est venu chercher Alain Jean-Marie et pas un autre, pour interpréter la musique de Bill Evans. Tout d’abord réticent (par timidité et modestie), il a fini par relever ce défi en proposant sa propre lecture de la musique de Bill Evans autour des morceaux les plus célèbres de son répertoire : Nardis, Waltz For Debbie, Blue in Green et de quelques raretés (Show Type Tune, Laurie). La grande singularité de ce disque, c’est de se passer de batteur et de proposer un dialogue avec une synergie constante entre la contrebasse et le piano. L’exercice est particulièrement difficile, c’est toujours sur le fil avec des prises de risques et le goût de l’aventure. Les deux compères s’en sortent à merveille car ils restent avant tout eux-mêmes en n’étant jamais dans l’imitation et en évitant de se référer aux deux albums que Bill Evans enregistra en duo avec le contrebassiste Eddie Gomez.
Lionel Eskenazi.
Alain Jean-Marie (p), Diego Imbert (b). Studio de Joel Fajerman, juin 2020.


