CD : No Jazz « Play Jazz »
1 avr. 2022

No Jazz « Play Jazz »
Le groupe « No Jazz » célèbre ses 20 ans avec un huitième album au titre provocateur, ironique et pourtant parfaitement pertinent et exact : « No Jazz Play Jazz » !
Ce groupe délirant, inclassable et terriblement festif, fer de lance de la vague électro-jazz en France au début des années 2000, aura attendu 20 ans pour s’attaquer avec bonheur à dix grands standards de jazz !
La marque de fabrique de « No Jazz », c’est d’avoir su mêler avec malice et talent, le swing du jazz avec le groove du funk, autour d’une instrumentation acoustique sur des beat électroniques. Il s’agit du mariage charnel du swing et de l’électronique, autour des rythmes hypnotiques des musiques actuelles, mâtinés du son vintage hard-bop des quintettes acoustiques, avec saxophone charnu et trompette étincelante. N’oublions pas également qu’ils ont effectué des tournées gigantesques dans plus de cinquante pays, dont les Etats-Unis, où ils ont eu la chance de collaborer avec Stevie Wonder et Maurice White ! Et précisons qu’à travers leurs sept précédents disques, ils ont toujours su écrire avec talent des compositions originales et proposer un univers sonore singulier qui ne ressemble à rien de connu.
Avec ce nouvel album, ils s’attaquent pour la première fois au répertoire des standards en effectuant une pertinente relecture de dix grands tubes de l’histoire du jazz.
Le groupe actuel est stabilisé autour d’un quintette avec Philippe Balatier aux claviers, Pascal Reva à la batterie, Philippe Sellam au saxophone, Sylvain Gontard à la trompette et le chanteur François « Jeffrey » Mpondo, augmenté du bassiste Samuel F’hima. A cette « 20th Bithday Party », sont invités également sur quelques titres le tromboniste Sébastien Llado, l’accordéoniste Laurent Derache, ainsi que les chanteuses Maë Defays et Mélina Tobiana, et les rappeurs Emcee Agora et Kohndo.
L’album démarre par une version explosive de Take Five enregistrée à l’origine sur l’incontournable « Time Out » du quartette de Dave Brubeck en 1959, avec ici une étonnante partie rap scandée par Emcee Agora et un solo de saxophone enlevé de Philippe Sellam.
Puis le groupe s’attaque au plus grand tube de la bossa nova : The Girl From Ipanema, chanté par la voix suave de Maë Defays, secondée par François « Jeffrey » Mpondo pour une version plus trip-hop que bossa !
Quand No Jazz s’attaque à Duke Ellington, c’est pour reprendre son titre le plus célèbre : Caravan, avec l’apport du trombone de Sébastien Llado autour d’une exploration électro-jazz passionnante.
La chanteuse Mélina Tobiana chante avec de convaincants accents soul le fameux A Child Is Born de Thad Jones, où Philipe Balatier recrée le son chaleureux de l’orgue hammond et où Sylvain Gontard nous gratifie d’un mélodieux chorus de trompette.
Le célèbre Mercy, Mercy, Mercy que Joe Zawinul avait écrit pour le quintette de Cannonball Adderley se métamorphose en jazz électronique et groovy avec un rap gracieux chanté en français par Khondo.
La magie et le swing élégant de Duke Ellington opèrent de nouveau avec la version décoiffante de It Don’t Mean A Thing If I Ain’t Got That Swing, chantée avec brio par Jeffrey.
Maë Defays revient pour une très belle et sensuelle relecture du Night & Day de Cole Porter où nos deux souffleurs s’en donnent à cœur joie, tandis que Jeffrey nous propose des renversantes versions de What A Wonderful World (avec en bonus final la voix samplée de Louis Armstrong) et du célèbre Summertime de Gershwin.
Enfin, retour au Brésil avec Summer Samba, avec l’accordéon enjoué de Laurent Derache et la voix samplée de Jeanne Moreau tirée du film « Moderato Cantabile ».
Après vingt années intenses et explosives, « No Jazz » continue de nous surprendre, de nous passionner et de nous séduire avec leur son unique, leur groove pétillant et leur humour désopilant. Un univers musical à la fois fun et exigeant, qui procure chez l’auditeur un énorme plaisir dû à leur savante manière de jouer et de mixer l’acoustique et l’électronique, doublé d’une irrésistible envie de danser et de s’amuser.
« To be Jazz » or « Not to be jazz » demeurera leur éternelle question pour notre plus grand bonheur !

