CD : Germain Cornet Quintet « Listen to the Wind »

15 avr. 2026

COMMUNIQUE DE PRESSE

GERMAIN CORNET QUINTET

« Listen to the Wind »

« Listen to the Wind » est le premier album du batteur-leader-compositeur Germain Cornet, qui réalise son plus beau rêve. Cela fait plusieurs années que ce talentueux musicien – formé par Charles Bellonzi et Jeff Hamilton - multiplie les expériences en leader ou en sideman, en plaçant avec élégance et efficacité son jeu de batterie, swing et chaleureux, au cœur d’une musique qui n’a pas peur du mot « jazz ». Du jazz avec un grand J, qui respecte toute son histoire et son évolution, de la tradition néo-orléanaise à la modernité formelle du hard-bop, avec un goût prononcé pour la mélodie, les belles couleurs orchestrales, la chaleur des timbres et la pertinence des arrangements. Tout réside dans la subtile alchimie entre la beauté des mélodies, la richesse harmonique et la force rythmique !

Pour interpréter les douze titres de cet album (onze compositions originales et une reprise), Germain Cornet s’est entouré de quatre talentueux musiciens afin de former un quintette savoureux à l’esprit collégial, qui mêle avec bonheur l’énergie et l’émotion à la manière des grands quintettes de l’histoire du jazz : Les Jazz Messengers d’Art Blakey, Horace Silver, Cannonball Adderley, Clifford Brown…

Un quintette qui depuis deux ans s’est forgé un formidable son de groupe, autour de musiciens expérimentés et d’un répertoire composé d’originaux, où Germain Cornet a écrit la musique en pensant précisément à ces musiciens-là.

On trouve au piano, Patrick Villanueva, qui assure également la direction musicale du groupe. Ce brillant interprète, met sa science harmonique au service d’un toucher à la fois fin et puissant et il amène dans ses bagages deux superbes compositions au projet.

Le contrebassiste Fabricio Nicolas-Garcia, au jeu à la fois solide et délicat, forme avec Germain une paire rythmique exemplaire afin de porter haut et fort la ferveur du hard-bop.

Au saxophone ténor, on trouve l’excellent César Poirier, capable de tout jouer, avec un phrasé voluptueux et une sonorité pleine et ronde. Un jeu mélodique prégnant et un placement rythmique irréprochable. Il joue exclusivement du ténor sur ce projet, mais il est également un excellent altiste et un remarquable clarinettiste !

Quant au trompettiste Ronald Baker, natif de Baltimore, il est imprégné par l’esprit jazz dans toute sa splendeur. Il constitue avec César Poirier, une front-line de soufflants, aussi efficace que celle des Jazz Messengers, aussi bien dans le jeu à l’unisson qu’en contrepoint. Il a aussi l’avantage d’être un remarquable chanteur, et l’on peut apprécier sa voix sur cinq titres de cet album et n’oublions pas aussi qu’il scatte magnifiquement !

La direction artistique de l’album a été confiée au pianiste et ami Philippe Milanta, tandis que Germain Cornet assure la direction d’orchestre avec les baguettes de sa batterie, en conduisant l’ensemble avec un drive d’une grande efficacité. Ila composé neuf morceaux de cet album, dont trois chansons, dont il a également écrit les paroles. Qu’elles soient instrumentales ou vocales, ses compositions ont le mérite d’être à la fois accessible et sophistiquées, ainsi que vivantes et généreuses. Elles nous racontent des histoires qui s’inspirent de moments de sa vie, d’impressions ressenties, de sentiments éprouvés et de souvenirs marquants.

L’album s’ouvre avec Catch The Thing, un morceau énergique typiquement hard-bop et emblématique du projet de ce quintet. Il faut bien sûr « attraper le truc » d’entrée et ce « truc » c’est précisément l’entité du groupe et l’esprit du jazz.

Avec le titre éponyme de l’album Listen to the Wind, place à la chanson avec un côté bossa-nova, autour de joyeux souvenirs d’enfance évoqués par la remarquable interprétation de Ronald Baker, qui nous gratifie en plus d’un scat improvisé particulièrement réjouissant.

Ce sont des balades nocturnes dans Paris qui ont inspiré Repeat The Question à Germain Cornet, où l’interaction entre la trompette de Ronald Baker et le saxophone de César Poirier est au sommet. Une musique que l’on entendrait volontiers dans un polar nocturne flamboyant !

Comme son nom l’indique, Speed Up est joué up tempo et reflète l’intensité de la vie parisienne, particulièrement speed et active, en mouvement perpétuel, entre urgence et submersion. Ce qui permet aux solistes de s’exprimer pleinement et à Germain Cornet d’effectuer un solo de batterie.

Place maintenant à une ballade intime en chanson, tout en délicatesse : The Point of No Return, qui évoque la fin d’une belle histoire d’amour, autour d’une séparation apaisée et tournée vers l’avenir. César Poirier est le seul soliste sur ce morceau, développant avec son saxophone une sensualité à fleur de peau.

Joyful Thunder est une composition de  Patrick Villanueva qui joue la mélodie au piano et nous gratifie d’ailleurs d’un remarquable chorus, suivi d’un solo de batterie.

Gravitation Dance évoque la force d’attraction irrésistible entre deux êtres autour d’une danse organique et mouvante portée par une musique hard-bop enjouée et fortement gravitationnelle.

C’est cette phrase du philosophe antique Sénèque : « La Vie, ce n’est pas d’attendre que les orages passent, mais d’apprendre à danser sous la pluie » qui a inspiré Germain Cornet pour écrire les paroles et la musique de la chanson It’s Easy To Dance.

La deuxième composition apportée par Patrick Villanueva, est une chanson intitulée Lovelyaux sonorités latines, avec des contrechants de saxophone sur le thème, et des paroles signées par Tina May,

Hommage à Art Blakey et aux Jazz Messengers avec Bu’s Groove qui reprend sous forme de clin d’oeil l’intro de la célèbre Blues March. Il faut préciser que c’est l’écoute de la musique d’Art Blakey qui a inspiré la formation de ce quintette.

Avec Go Forward, Germain Cornet se tourne vers l’avenir autour d’un morceau en perpétuel mouvement, où le thème est construit sur un dialogue entre la contrebasse et le reste de l’orchestre.

La seule reprise de l’album I Got My Mojo Workin’ fait office de conclusion à ce magnifique disque, autour d’un blues connu, porté par la voix sensuelle de Ronald Baker et un rythme de second line typique de la Nouvelle-Orléans.

Lionel Eskenazi.