Blindtest : Chlorine free

1 mars 2018

BLINDTEST CHLORINE FREE

(Virgile Lorach & Romain Clerc-Renaud)

Aux platines : Lionel Eskenazi.

 

Chlorine Free est un collectif français de jazz-funk qui aime pimenter ses instrumentaux de rap ou de slam, et lorgner vers l’électro-jazz. Nous avons demandé à ses deux leaders (le bassiste Virgile Lorach et le claviériste Romain Clerc- Renaud) de se prêter au jeu du blind-test avec un résultat plutôt satisfaisant.

 

ERIK TRUFFAZ

Friendly Fire

“Bending New Corners” (Blue Note, 1999)

(Instantanément) Erik Truffaz  avec le rappeurNya ! C’est toute notre adolescence, on a beaucoup écouté cet album ainsi que “The Dawn”. Truffaz a réussi à faire le pont entre le jazz, le hip-hop, et la jungle, c’était novateur à l’époque et ça passe encore très bien aujourd’hui. C’est sur cet album que nous avons découvert Nya et lorsque nous avons réalisé notre deuxième album “Le Fish”, nous avons eu l’idée de le contacter pour qu’il intervienne sur un titre. On ne le connaissait pas et nous l’avons tout simplement contacté sur Facebook, le morceau lui a plu et il a tout de suite accepté. Nous ne l’avons pas rencontré, notre collaboration s’est faite par internet. Lifelines sur le dernier album est notre troisième collaboration avec lui, et nous lui avons demandé d’écrire un texte assez politique sur les indiens d’Amérique.On s’est enfin rencontré pour la première fois très récemment lorsque nous avons tourné le clip de Lifelines, c’est un type adorable et il est très impressionnant intellectuellement car il est chercheur en science politique à l’université de Lausanne !


HERBIE HANCOCK

Call It 95

“Dis Is Da Drum” (Mercury, 1994)

Alors là, on donne notre langue au chat, on ne voit vraiment pas, en tous les cas, ça ne date pas d’aujourd’hui car le son est un peu daté. (Après leur avoir dit de qui il s’agissait) Incroyable ! C’est une période d’Herbie que nous n’avons pas écouté ! On connait bien les albums Blue Note et la période Headhunters, et notre préférence c’est indiscutablement l’album “Man-Child”, mais après on n’a pas toujours suivi ce qu’il faisait. C’est une influence majeure pour nous et d’ailleurs c’est quelque fois un peu embêtant, car on nous réduit souvent à cette unique influence, sans mentionner notre intérêt pour le hip-hop et l’électro. Hancock est fascinant par sa curiosité envers les nouvelles technologies qu’il a toujours utilisées à bon escient. Quand il fait Rock It, c’est complètement bluffant et plein d’ingéniosité, et ce n’était pas si évident que ça devienne un tube aussi énorme !

 

ME’SHELL NDEGEOCELLO

StepInto The Projects

“Plantation Lullabies” (Maverick, 1993)

C’est Me’Shell ! Nous adorons cet album ainsi que le suivant (“PeaceBeyond Passion”), ce qui nous intéresse le plus, c’est surtout l’aspect de la production qui était innovant à l’époque avec ces nouvelles couleurs musicales riches, groovy, et sensuelles. Ça a été la naissance d’un mouvement où beaucoup de musiciens se sont engouffrés comme D’Angelo aux Etats-Unis ou Booster en France. On aime Me’Shellaussi en tant que bassiste, elle est impressionnante et joue avec beaucoup de facilité et de fluidité, et puis nous aimons bien la façon dont elle mixe sa basse en avant. Elle a été une des grandes figures majeure dans les années 1990 et sa musique continue de nous inspirer.

 

HUBERT LAWS

Wildfire

“Family” (Columbia, 1980)

C’est super, on adore ! Ça pourrait être une composition de Chick Corea ? C’est Billy Cobham ? George Duke ? (on leur précise que le leader est le flûtiste).Yann Cléry, le flûtiste du groupe aurait sûrement deviné, mais franchement on ne voit pas qui c’est, mais ça nous plaît énormément, c’est une véritable découverte, on note tout de suite la référence de l’album ! La flûte a toujours été un instrument important dans l’histoire de Chlorine Free, nous ne voulions pas de saxophoniste et nous avons trouvé intéressant l’association entre la flûte et le trombone. Deux instruments aériens dans deux registres différents avec un rapport grave/aigu qui fonctionne très bien à l’unisson ! Cela dit depuis que nous avons rencontré le rappeur-saxophoniste anglais Soweto Kinch, on accepte volontiers qu’il joue du saxophone avec nous, en particulier quand on peut l’avoir sur scène.

 

LAURENT DEWILDE

Jungle Hard Bop

“Time 4 Change” (Warner Jazz, 2000)

On hésite entre une musique récente aux accents vintage ou quelque chose d’ancien qui aurait été novateur ! Mais, c’est Laurent de Wilde bien sûr ! Nous ne connaissons pas très bien cet album, mais il est vrai qu’à la même époque qu’Erik Truffaz, il y avait aussi l’électro-jazz de Laurent de Wilde qui fût déterminant ! Nous aimons particulièrement la manière dont il utilise les effets de distorsions du Fender Rhodes afin d’obtenir une sonorité un peu sale. On a pas mal abusé des effets de distorsions du Rhodes sur notre dernier album, c’est quelque chose que l’on aime bien avec comme référence les albums live de Miles Davis avec Chick Corea en 1969 ou le fameux “CellarDoor Session” en 1970 avec Keith Jarrett ! Parallèlement à Chlorine Free, on aimerait bien se lancer dans l’aventure d’un trio avec Fender Rhodes, basse électrique et batterie (avec Maxime Zampieri), on y réfléchit !


CD : “Free Speech” (SeventlyThree&DuNose/L’Autre Distribution)

CONCERTS : Le 23 mars à Ivry (Hangar), le 11 mai au Festival Like A Jazz Machine à Dudelange (Luxembourg), le 12 mai à Fouras (Les Arts Fous), le 17 mai à Chatenay-Malabry (Pédiluve).