Actualités : Christophe Monniot : L'été sera chaud !
1 juin 2007

ACTUALITES
CHRISTOPHE MONNIOT :
L’été sera chaud !
Les Quatre Saisons de Vivaldi transformées en jazz festif et en cri d’alarme sur le réchauffement de la planète.
Le nouveau projet de Christophe Monniot s’intitule Vivaldi Universel, il consiste à adapter Les Quatre Saisons pour une formation de jazz à huit instruments. Un travail d’arrangement et de réécriture où le quatuor de saxophones « Arcanes » dialogue avec un cinquième saxophone (sopranino, alto ou baryton), interprété par Monniot lui-même : « j’ai choisi les membres d’Arcanes, pour leur pratique de la musique contemporaine et parce qu’ils ont la même homogénéité qu’un quatuor à cordes » (l’œuvre a été écrite à l’origine sous forme de quatre concertos pour violon). La section rythmique est composée du pianiste Emil Spanyi (fidèle comparse de Monniot), de Michel Massot (au tuba et à l’euphonium) et de l’énergique batteur Eric Echampard. Un jazz festif et décalé, qui aime les digressions et pratique l’humour : « on se sert des thèmes principaux, puis on les dérange, on les cache et on joue avec, en improvisant des chorus ». Monniot prend un malin plaisir à utiliser cette musique mondialement connue, (utilisée dans les attentes téléphoniques, ascenseurs et parkings), nous rappelant que dans le même état d’esprit, il avait repris Jobim, Michael Jackson ou Police, au début de La Campagnie des Musiques à Ouïr. Le regain d’intérêt pour la musique baroque depuis quelques années, n’est pas non plus étranger à son choix : « Il y a dans la musique baroque une forme d’ouverture harmonique que l’on peut relier à l’improvisation dans le jazz ».
La grande idée de Monniot est d’avoir réfléchi à la portée sémantique qu’évoque le cycle des quatre saisons, en l’actualisant sur les problèmes climatiques de la planète : « aujourd’hui, on n’est plus dans la même atmosphère terrestre que lors de la création de l’œuvre, au début du 18ème siècle ». Il lui est devenu nécessaire de parler sérieusement de ce problème, afin de contrecarrer l’aspect ludique de la musique. La meilleure manière d’y parvenir était d’intégrer à la partition une bande-son à la fois explicative et poétique. Elle est constituée de lectures du rapport d’évaluation du groupe d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), entrecoupées de témoignages et de poésies de Baudelaire et Pasolini. Ce texte a été confié à la productrice radiophonique Sylvie Gasteau et s’intègre parfaitement bien à la musique, par des procédés qui nous font songer par moment à l’utilisation du son dans les films de Godard. Enfin la lecture du rapport du GIEC a été confiée à un anonyme africain, histoire de rappeler que c’est l’Afrique qui sera la plus touchée par le changement climatique : « Ils vont subir les conséquences de notre pollution à travers la désertification et la progression des maladies vectorielles ».
Quelque soit la météo, rendez-vous donc au festival Radio-France de Montpellier, dans l’attente d’un label pour la sortie du disque !
Lionel Eskenazi

