À propos du DVD de George Clinton
27 févr. 2015

A PROPOS DU DVD DE GEORGE CLINTON – PARLIAMENT – FUNKADELIC – The Mothership Connection – Live at The Houston Summit on Halloween 1976.
Réflexions sur la définition du Funk telle que la conçoit George Clinton.
Selon George Clinton, le funk, c’est à la fois la ferveur de la soul, l’énergie du rock, le délire des psychédéliques, le feeling du jazz, les frissons du blues, la performance des icones de la pop, et la mise en scène du disco. Le funk c’est brut, sauvage, animal, sexuel, c’est moite, ça sent la sueur et le sperme : le funk, c’est orgasmique. Il ne faut pas prendre le funk au premier degré car le funk est parodique, théâtral, exagéré et parfois de mauvais goût. En plus du théâtre, le funk c’est aussi du cinéma, de la mise en scène de péplum avec milliers de figurants, costumes, maquillages et coiffures. Le funk c’est la performance de l’acteur, du chanteur, du musicien et du danseur en même temps. Le funk c’est un cirque, il y a des clowns, des artistes, des acrobates et des musiciens et la moiteur animale qui nous suggère même la ménagerie. Le funk, c’est électrique et lumineux, répétitif et saccadé. Le funk, c’est excentrique, sur-joué et frime, c’est une musique de drogué. C’est énergique et pétillant comme un cocktail cocaïne-champagne avec une pointe de LSD pour la folie et le délire. Le funk, c’est chaud et coloré et à la fois bestial et sophistiqué. Mais attention, le funk n’est pas superficiel, il est politiquement engagé, sans compromis et radical. Le funk, c’est direct, c’est comme un combat de boxe, le jeu de Mohammed Ali qui allie l’élégance et l’énergie, la force de frappe et le jeu de jambe, la danse et l’uppercut direct qui fait mal. Le funk a aussi le goût du sang et aime la couleur rouge et surtout NOIRE. Oui le funk est une musique noire et attention aux blancs-becs qui essaieraient de se l’approprier.
Lionel Eskenazi

